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 DNA 
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Apprenti shaman
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Message DNA
En 2000, le DJ-producteur Dr Z-Vago propose une série de tracks un peu voyous à Rige (producteur de soirées, de labels et distributeur) pour une sortie sur Megarave. Jugés trop musclés pour l’esthétique hardcore-gabber dudit label, ils sont refusés et Dr Z-Vago fonde donc DNA (Dark Negative Antisocial) pour éditer ce hardcore rugueux, aux fondements indiscutablement gabber mais aux sonorités braillardes et à l’efficacité bétonneuse sans pareil. En effet, DNA est aujourd’hui le temple de la rythmique kick-disto (enrobée dans l’appellation « industrial », plus accessible et plus vendeuse) et E-Noid son grand prêtre.

Dr Z-Vago et Dione, deux routards de Megarave devenus Negative A et E-Noid sur DNA, n’ont certes pas inventé la disto ni les filtres dont ils usent copieusement, mais c’est en assumant de faire du procédé le principal ressort de composition des morceaux qu’ils en ont fait cette sorte d’art si prisée des DJ aujourd’hui.

Car la production pachydermique provoque moult dégâts sur un dancefloor même à des vitesses bien sages (entre 160 et 190 pour la plupart des tracks). Rien à voir avec l’attitude nez-pincé des Enzyme et Third Movement : DNA fleure bon le premier degré bourrin et l’énergie des montées de plaisir brut.

Les compositions contiennent un morceau de la pierre philosophale hollandaise : constructions d’un classicisme éprouvé, compatibles avec le transport d’énergie primaire, et narrativité efficace, soutenue par des articulations (breaks, samples) servies avec ce mélange de cynisme et de premier degré si particulier au marketing hardcore ado hollandais.

Bien sûr, le filon est exploité selon les règles de la saine industrie : à ce titre, il convient de ne pas tout dire sur un seul maxi. Le délayage a déjà plombé d’autres labels qui promettaient une révolution esthétique et qui sont devenus des photocopieuses, Enzyme en tête. On aimerait aussi que soient abordées des vitesses supérieures à 200 bpm, pour varier les plaisirs.

Mais c’est donc DNA qui, à la suite d’Enzyme et de Third Movement, porte un peu plus loin les débats hardcore, notamment concernant la production. C’est sur ce label-véhicule que E-Noid édite régulièrement des tracks qui asseyent la concurrence en matière de noisy. Et c’est avec délectation que l’on peut se préparer au prochain grand match à la hollandaise. Car il n’avait pas échappé aux gens de Rotterdam Records / Neophyte Records, au début des années 2000, que de petits ambitieux entendraient les enterrer pour cause de mollesse. Aujourd’hui, les DJ Neophyte, Evil Activities et autres Tha Playah s’ébrouent avec bonheur dans le kick-disto et voilà donc l’affaire hardcore mainstream hollandaise embarquée dans une dérive bourrine des plus délectables.

Revue des 15 meilleurs tracks sortis sur DNA

E-Noid « E-Scapism » DNA 030

Véhiculant un discours sur la musique comme échappatoire aux problèmes du quotidien (voir le jeu de mots du titre), ce track tiré du deuxième double maxi de E-Noid pour DNA illustre une de ses tendances : la montée à toute blinde. Introduction de pièces sonores dispersées, notamment une pulsation aiguë et une nappe tordue, qui une fois mises en ordres deviennent qui un tourbillon mental, qui une vrille genre speed of light, le tout cadencé par un kick en tungstène et enluminé par des arrangements aussi riches que discrets, multipliant les niveaux d’écoute. Cartoonesque.

E-Noid « DNA Strings » DNA 030

Deep et dense. A l’opposé des penchants explosifs d’E-Noid, voici le versant minimaliste, confinant ici à la hard-techno. La montée progressive dans les aigus d’une boucle et la dynamique d’une rythmique pulsée par des bas-mediums vengeurs, le tout sur une structure relativement linéaire élaborée selon une syntaxe technoïde, et c’est le Armageddon Project des grands jours, le Enzyme de l’époque des promesses et le Rude Awakening pas gabber qui voient arriver dans leur périmètre un camarade de jeu qu’ils n’attendaient pas.

Krad Evitagen vs E-Noid « Antisocial Lab » DNA 024

C’est ici le DNA du gabber hanté qui atteint un summum. La syntaxe du genre (breaks attendus, progressions millénaires) troussée à même le sol d’un dancefloor d’après la rave. Sonorités décharnées, rythmique zombie, vocaux grand-guignolesques : la pochette avait prévenu, le titre avait alerté. Ici c’est dark un point c’est tout. Et même entouré par les fantômes de milliers de cachets d’X, cerné par des armées de Nike Air Max revenant d’entre les morts, on peut encore se prendre à secouer ses os au son de cette démonstration d’efficacité.

Darkcontroller « Controlled By Darkness » DNA 023

Le trop rare Darkcontroller, pour un track qui n’use pas des effets habituels de la maison DNA (kick d’abord, et le reste peut-être). Une boucle menaçante au service d’une intro vicieuse et c’est un des morceaux les plus mentaux du label qui déploie des escabeaux torves et des loops vaporeuses d’après-la-gifle. Ou quand le hardcore hollandais débarrassé de son cahier des charges teenage révèle son potentiel à faire du gros dégât.

Cemon Victa « Beyond Limitations » DNA 021-X

Fait exprès ou pas, c’est une sorte de rappel 90’s qui est venu en toute discrétion se faire graver ici. Structure instinctive et minimalisme dark ressuscitent d’autres phases historiques d’un genre appelé en son temps hardcore de liver. Où quand des séquences dégueulant d’énergie étaient sorties de leur contexte – le live vengeur – pour être réassemblées selon des schémas oscillant entre invocations et récits de rituels maudits. Rèche voire franchement pas drôle et pour le coup, sympa à prendre derrière la tête.

Negative A « Suck My Dick (Angerfist rmx) » DNA 021-Z

Le choc des monstres. Angerfist (roi de la bourrinance gabber toxo) s’empare d’un track prépubère de Negative A et le transforme en musique d’accompagnement pour footing hakke, quelques bpm en plus et surtout, surtout, cette délicieuse marque de fabrique : la hargne comme moteur d’une efficacité pas souvent égalée par la concurrence. Les breaks sont rares, la production étincelle, et un monsieur répète 200 fois « Suck my dick ». Magnifique concentré de hardcore de bas étage, aux antipodes des visées esthétisantes des pitres du new style.

E-Noid & Negative A « Generation X » DNA 020

“Here’s a little story I have to tell to loud motherfuckers from the NL […] This is generation X !” Tout est dit. Un des trois grands tubes du label, célébrant la percée du noise kick dans le hardcore hollandais. Aux 2/3 du morceau, une articulation fabuleuse : une boucle de synthé démarre et lance une escalade de kicks dans une saine ambiance masturbatoire et païenne. C’est désormais officiel : le kick est roi et c’est l’outil permettant de marquer à vie une génération de ravers. Rude.

Negative A & Darkcontroller « Prisoners Of XTC » DNA 019

Sur la pochette, une seringue dans laquelle est enroulé un billet de un dollar. Sur le vinyle, cette sombre évocation froidement illustrée par des boucles aliénantes et autres sonorités spectrales. Où quand DNA, affranchi de l’obligation de faire teenager on dope, touche au classicisme en allant chercher dans l’industriel une saine raideur.

E-Noid « Crossfade » DNA 018

Un sample des Beastie Boys et une sirène synthétique en tant que fusée à montée, et c’est le E-Noid bas du front qui pilonne qui monte qui pilonne et qui remonte. Un break grandiloquent histoire de convoquer toutes les caricatures du hardcore hollandais au même endroit (au cas où l’affaire eût pu paraître trop raffinée) et au redémarrage, un montée toxique ne laissant aucun doute sur les visées malfaisantes de E-Noid. L’énergie pure.

Parian « Reality Breakdown » DNA 017

Hard-techno nuancée et mécaniste – histoire de montrer que le label peut aussi produire du beau, et que si c’est avant tout une usine de tronçonneuses, c’est d’abord par choix. Economie d’effets jusque dans la boucle principale (un élancement limite famélique), quelques arrangements électronisants sur lit de répétitivité limite reposante : dissociation du tape-à-l’œil et de l’efficace. Ce qui, sur DNA, est rare.

Negative A & Darkcontroller « Scrambled Minds » DNA 013

Magnifique reptation industrialisante, aussi lente que répétitive, cette hard-techno furieuse est, à l’aune du reste de la production du label, un brin expérimentale (c’est expliqué au début et à la fin). Il est vrai qu’hormis la longue intro préparant un magnifique avant/après, les traditionnels effets d’escalade perchatoire sont ici laissés de côté au profit d’une étude en longues séquences de différentes facettes d’un white noise jamais mieux caressé sur DNA qu’ici.

Negative A « Hennessy » DNA 011

A peu de choses près, le gros track du maxi eût pu être « Fucked On Cocaine » (encore une saine affaire) mais c’est « Hennessy » qui rafle la mise. Une intro longue et linéaire lance un morceau dénué de synthés, tout entier ramassé dans une dynamique impulsée par de subtiles variations d’un kick plutôt délié. Assez industriel voire abstrait (pour du hardcore hollandais), un bel éclat de métal au milieu d’une production en général bien plus bigarrée.

E-Noid « Liquid Super D » DNA 010

C’est surtout le sample de « Las Vegas Parano » (une mine pour les amateurs de phrases chocs sur la dope) qui a fait le succès du morceau : quand la jeune femme raconte comment Hunter Thompson / Johnny Depp et son acolyte lui ont donné du LSD. Dans le track – un exercice power-gabber comme E-Noid en a sorti des centaines – ça donne un « El – Ess – Diiii » incanté puis propulsé par ce kick, pas encore complètement peaufiné, mais déjà gros. Sinon, « Allround » et « The Last Laugh » sont de très bonne tenue aussi.

Negative A « Suck My Dick » DNA 003

S’il fallait retenir un titre du DNA d’avant le virage du noise triomphant. « Suck my dick / Ignore me », voilà pour l’ambiance. Pour le reste, un hardcore-gabber lent et pesant, touchant au martial, confirmant que dans les gênes de DNA, il y a aussi quelques traces de débilité assumée, garante de la présence d’un fun pas fin mais plutôt bon.

E-Noid « Act Of Aggression » Slavefriese Remix DNA SP2

Slavefriese, plutôt doué quand il s’agit d’envoyer du track rave vicieux, à la rencontre du roi des marteaux-pilons ? Voilà donc des séquences à l’hypnotisme costaud et à la boucle chaude. Le centre de gravité de l’ensemble est effectivement plus proche des synthés, riches en bouche et aux motifs énergiques. C’est riant, frais et entraînant.

Et aussi...

les video sur : http://www.loudbox.fr/DNA-hardcore-dans-les-genes,1258

_________________
Hardcore Ou j'tue le chien Bordel !!

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Mer Juin 04, 2008 10:40 pm
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